Une personne participe à une marche blanche à la mémoire de Justice Vayrac, le 6 novembre 2022 à Saint-Céré, dans le Lot ( AFP / Valentine CHAPUIS )
Le procès de Lucas Larivée, ex-ouvrier agricole de 24 ans accusé d'avoir violé puis tué Justine Vayrac, 20 ans, après une soirée en discothèque à Brive-la-Gaillarde, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de la Corrèze.
La disparition de la jeune femme, qui étudiait pour devenir aide-soignante et élevait un fils âgé de deux ans à Tauriac dans le Lot voisin, avait été signalée le dimanche 23 octobre 2022.
La veille, elle avait commencé la soirée chez des amis à Brive, avant de se rendre dans un bar de la ville, puis à "la Charrette", une boîte de nuit, où elle avait beaucoup bu selon des témoins.
Malade, elle avait quitté les lieux avec Lucas Larivée, qu'elle connaissait depuis quelques semaines, pour aller chez lui, où il est accusé de l'avoir violée et frappée, avant de l'étrangler.
Déjà connu de la justice à l'époque pour une affaire d'incendie volontaire, le jeune homme, aujourd'hui âgé de 24 ans, a changé plusieurs fois de version durant l'instruction, inventant même l'intervention d'un protagoniste qui aurait frappé la jeune femme avant de le forcer, lui, à la violer.
Interrogé sur ce point en début d'audience par la présidente de la cour, Lucas Larivée, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, a confirmé que cette histoire "était fausse", reconnaissant "le meurtre" mais niant le viol.
Selon son avocat, Me Michel Labrousse, le jeune homme nie toujours l'intention homicide, reconnaissant avoir porté "un coup de poing" à la victime mais sans vouloir la tuer.
- "Devenu fou" -
Le corps de Justine Vayrac, une ficelle bleue autour du cou, avait été retrouvé enterré près du domicile de l'accusé, quatre jours après sa disparition.
L'autopsie a révélé des plaies au niveau du visage, une fracture du nez et du larynx, ainsi que deux hématomes au niveau du col de l'utérus, compatibles avec un viol. Selon l'expertise légale, la victime est morte par strangulation.
La cour a commencé lundi matin à examiner la personnalité de l'accusé, marqué par le décès d'un grand-père dont il était proche durant l'enfance, et distant avec une demi-soeur prénommée Justine et devenue gendarme.
Son avocat, Me Labrousse, l'a interrogé sur sa "volonté effrénée" d'avoir des petites amies, "près de 60" entre ses 14 et 20 ans. "Je voulais profiter de la vie avant de trouver quelqu'un avec qui je serais posé", a répondu Lucas Larivée, affirmant n'avoir "jamais forcé" aucune d'elles.
L'enquêtrice de personnalité a décrit "un enfant plutôt turbulent, très actif", auquel ses parents ont laissé "une certaine autonomie" à l'adolescence, évoquant sa "réputation d'homme à femmes" par la suite et une relation amoureuse conflictuelle dans les mois qui ont précédé les faits.
Selon cette dernière petite amie, Lucas Larivée s'était montré violent avec elle et serait "devenu fou" après leur séparation.
Elle doit être entendue comme témoin lundi après-midi par la cour, ainsi que les parents de l'accusé.
Le procès dure jusqu'à vendredi.

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